Faites la connaissance de Louise Leroy. Elle est consultante en TI chez Passwerk. Son parcours illustre parfaitement le succès lié à la neurodiversité au travail. Lorsqu’elle a reçu un diagnostic d’autisme en 2018, cela lui a apporté de la clarté, mais pas de réponses immédiates. À l’époque, elle enchaînait encore des petits boulots étudiants de courte durée, souvent de quelques jours seulement. Le même scénario se répétait : elle commençait un emploi, se sentait submergée, puis démissionnait ou était remerciée.

« C’était pas très facile », se souvient-elle. « Il y avait toujours trop de gens, trop de bruit, trop de choses qui se passaient en même temps. C’était juste… trop pour moi. »

Ses premières expériences professionnelles, que ce soit dans un supermarché ou un restaurant de parc d’attractions, étaient rarement gérables.

« Quand je rentre dans un groupe comme ça de gens que je ne connais pas, il y a beaucoup de difficulté parfois. Par exemple, mon travail dans le parc d’attractions, c’était dans la restauration, donc je devais aussi parler aux gens, servir. C’était difficile aussi, c’était un peu trop. Pour moi, je venais juste d’avoir mon diagnose et je ne savais pas très bien ce que je pouvais faire et ce qui était trop pour moi. Ce travail-là dans le parc d’attractions, c’était beaucoup en une fois. Je n’étais pas assez préparée, je ne savais pas très bien quoi m’attendre et c’était un peu trop. »

Ce sentiment de surcharge, de ne pas être comprise ni soutenue, l’a ainsi conduite dans un cycle d’épuisement et de doute de soi.

« Je n’avais pas du tout confiance en moi. »

Un endroit qui lui convient enfin

Cependant, tout a changé quand Louise a rejoint Passwerk, une entreprise belge qui embauche des professionnels autistes et les soutient dans la recherche d’un emploi stable et porteur de sens. Chez Passwerk, chaque consultant est jumelé à un coach professionnel qui sert de pont entre la personne employée et son environnement de travail, aidant à faire le lien, à communiquer les besoins et à plaider pour les adaptations nécessaires.

Pour Louise, ce modèle a été transformateur.

« Je travaille déjà là pendant quatre ans. », dit-elle avec une fierté discrète. « C’est un grand changement avec les quelques jours que je faisais dans mes emplois précédents. Si je rencontre une difficulté, je peux toujours la communiquer avec mon job coach. Et elle fera tout pour essayer de m’aider. »

De plus, elle travaille actuellement sur des projets en informatique, souvent à distance, ce qui lui permet de se concentrer dans un environnement calme et prévisible.

« Je suis assise à un bureau où je peux travailler de la maison aussi parfois. Je ne dois pas travailler avec des clients. Donc, pour moi, c’est plus confortable de faire des choses avec mon ordinateur chez moi. »

Cette combinaison de structure, de soutien et de confiance a permis à Louise de retrouver quelque chose qu’elle avait rarement ressenti au travail : la confiance en elle.

« C’est plutôt le fait que j’ai pu trouver un travail qui m’a aidée à un peu rendre confiance en moi. Parce qu’avant, je n’avais pas du tout confiance en moi avec les autres emplois qui n’ont pas bien été. »

Au-delà des conditions concrètes, c’est l’ouverture envers la neurodiversité qui rend Passwerk si spécial.

« Je me sens très confortable à parler des choses liées à mon diagnostic et à mes accommodements. Donc, je me sens bien en ce moment dans mon emploi. »

Créer de l’espace pour la différence

Louise sait pourtant que beaucoup de personnes neurodivergents n’ont pas cette chance. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle aimerait que les employeurs comprennent davantage, elle prend le temps de répondre.

« Il est important de savoir que, pour beaucoup de personnes autistes, la communication et les interactions sociales peuvent être difficiles. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne fait pas d’efforts. Moi, je fais de mon mieux pour bien travailler, mais je ne sais pas toujours comment exprimer ce dont j’ai besoin. »

Ainsi, elle espère que les milieux de travail deviendront plus patients, plus ouverts à l’écoute sans jugement.

« Parfois, les gens s’attendent à ce que tu sois très sociable, que tu parles beaucoup. Mais tout le monde n’est pas comme ça. Et ça devrait être accepté. »

Trouver sa place

L’histoire de Louise est celle d’une détermination calme. Elle montre qu’avec le bon environnement, un environnement qui valorise les besoins et les forces de chacun, les personnes neurodivergents peuvent non seulement réussir, mais aussi s’épanouir.

En repensant à tout le chemin parcouru, Louise est catégorique :

« J’ai trouvé un travail qui m’a aidée à retrouver confiance en moi. Avant, je n’avais pas du tout confiance en moi. »